
Vous percevez, ressentez, recevez des informations. Pourtant, vous les mettez de côté au lieu d’agir en conséquence.
1 mars 2026
« La nature a horreur du vide ». Un placard à moitié vide aura tôt fait d’être rempli, même si c’est avec des objets dont nous avons peu ou pas besoin.
La même chose se produit dans notre manière de nous comporter dans la vie.
Devant une question, nous cherchons une réponse. Si nous ne la connaissons pas, nous chercherons à « combler le vide ». Nous voudrons remplir cet espace de point d’interrogation en nous, car « ne pas savoir » crée de l’inconfort. Au lieu d’accepter que nous soyons en recherche et que, pour le moment, nous ignorions ce qui cause le problème auquel nous sommes confrontés, nous allons saisir une réponse, une solution qui semblerait convenable. Cela, peu importe s’il s’agit de la véritable réponse à notre questionnement.
Ce qui se produit dans cette situation, c’est que notre mental veut toujours être en plein contrôle. Il va nous proposer une panoplie de réponses qui paraitront logiques, rationnelles, rassurantes. Cela, à notre demande. Car lorsque nous sommes en questionnement, automatiquement l’ego se manifeste : son rôle est de nous servir. Nous l’avons créé pour cela. Pour ne pas perdre la face, nous trouver pris au dépourvu, nous rehausser face à autrui.
L’ego : notre création
Retrouvez le petit enfant en vous. Celui qui n’avait pas la « bonne » réponse aux interrogations du professeur, celui qui se faisait réprimander par le parent mécontent, celui qui se faisait railler par ses pairs, pour une raison qui lui échappait. Dans toutes ces situations, cet enfant était, tout simplement, lui-même. Dans sa naïveté, sa fragilité, sa vérité. Mais cet enfant fut confronté à d’autres réalités, d’autres mondes, ceux d’autrui. Il a vite appris que pour survivre, il devrait « s’adapter ». C’est-à-dire se transformer en un personnage qu’il n’était pas.
Ce personnage, né à notre demande expresse, c’est l’ego. Il s’est mis à accumuler des connaissances (pour pouvoir réussir aux examens et éviter la réprimande), à obéir, se conformer et adopter des comportements qui n'étaient pas naturels (pour éviter la punition et le rejet parental), à déployer des efforts pour être « comme les autres » et ne pas se différencier, ressortir de la masse : trop ou pas assez maigre, trop ou pas assez grand, trop lunatique, trop lent, trop vite, trop ou pas assez intelligent, trop laid, trop beau, etc. (pour éviter les moqueries, la jalousie et le rejet par ses pairs).
Bref, être soi, être unique, était une option peu désirable.
Se retrouver dans sa vérité
Comprenez que lorsque vous entreprenez, maintenant, de retrouver votre véritable identité, le travail qui vous attend est considérable. Car vous vous êtes vous-même condamné à mort, jadis. Cette programmation que vous vous êtes infligée sera très difficile à défaire, puisqu’elle émane de vous. Chercher à se retrouver, alors qu’on a cherché, sa vie durant, à se fuir, est pourtant le seul chemin à suivre, si vous voulez avoir une réelle possibilité de guérir ce qui vous accable aujourd’hui.
Portez attention aux multiples occasions où vous vous trouvez en questionnement, sans avoir la réponse. Voyez comment, dès que vous vous interrogez, une panoplie de réponses plausibles vous viennent en tête, accompagnées de solutions qui font votre affaire.
Mettre fin aux situations répétitives souffrantes
Un exemple classique : au fil des ans, vous constatez que vous vous retrouvez aux prises avec les mêmes difficultés dans votre couple, peu importe votre partenaire amoureux. Vous ignorez la cause de cette situation. Lorsque vous vous interrogez, ce qui vous vient à l'esprit, et qui fait votre affaire, c’est que vous n’avez pas encore trouvé « la » bonne personne pour vous. La solution est donc de recommencer à « magasiner », cette fois avec une liste de critères améliorés. Vous retrouvez l’espoir : un jour, « la » bonne personne se présentera ! Ouf ! Vous vous sentez soulagé ; vous n’êtes pas le problème, le problème est chez autrui. Votre seule « erreur », minime et facilement réparable, est d’avoir mal choisi vos précédents partenaires.
Vous vous mettez donc en recherche de « la » bonne personne, sans rien changer en vous, sans procéder à un examen de conscience relativement à votre manière de concevoir la vie, d’être et d’agir.
Cet exemple illustre la parfaite emprise que l’ego exerce sur une personne.
Bien qu’elle s’interroge sur les causes de ses échecs amoureux, la recherche qu’elle entreprend ne lui apporte que des réponses très incomplètes, sinon erronées. Son ego (sa peur de faire face à la réalité de ses propres tors) l’empêche d’accéder aux véritables causes de la situation infligeante qu’elle vit et d’avoir la possibilité d’y remédier.
Guidée par l’ego, elle suit un chemin erroné, munie d'informations fragmentaires, de fausses directions. Nécessairement, le choix de cette voie la maintiendra dans un cul-de-sac.
Oser s’affronter soi-même
Dans de multiples domaines de votre vie, des informations vous sont cachées, tant par votre ego que par d’habiles manipulations, souvent un peu des deux. Cela vous condamne à tourner en rond. Vous vous dirigez à partir d’illusions.
Le monde des illusions est un monde de perdition.
Seule la vérité libère.
Pour y accéder, il vous faut trouver en vous assez de courage, puis de détermination, pour accepter de défaire ce que vous avez mis en place et que vous croyez qui vous sert. Faites tomber le masque que vous maintenez en place et qui vous cache de votre vérité ! Osez vous regarder tel que vous êtes !
Ne craignez pas ce qui est vrai, craignez plutôt de ne jamais vous retrouver dans la totalité de ce qui vous compose, avec la conséquence de la perte irrémédiable de votre essence.
L’aide est disponible, mais le premier pas doit venir de vous. Personne ne peut accomplir ce travail libérateur à votre place. Oui, vous pouvez être accompagné et soutenu, et parfois ce sera nécessaire. Mais le guide ne fait qu’indiquer une direction et assurer votre protection : ce sera à vous de parcourir le chemin du retour vers vous-même.
Bonne guérison à celles et ceux qui auront le courage d’entreprendre le chemin de libération de la prison dans laquelle ils se sont eux-mêmes enfermés.


